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Vision industrielle Ville de Québec

Devant l’urgence de réagir face à la saturation bientôt atteinte quant aux disponibilités de terrains industriels sur le territoire, la Ville de Québec a initié, pour la toute première fois,…

Mélanie Larouche · December 15, 2022

Entrepôt logistique moderne avec quais de chargement sous un ciel couvert

Devant l’urgence de réagir face à la saturation bientôt atteinte quant aux disponibilités de terrains industriels sur le territoire, la Ville de Québec a initié, pour la toute première fois, l’exercice de structurer sa vision du développement industriel par un plan d’action s’échelonnant sur dix ans. Depuis l’an dernier, il ne reste que 4 % de terrains vacants à Québec, dont la moitié appartient au privé. À ce rythme, dans trois à cinq ans, il n’y aura plus aucun terrain industriel à offrir aux entreprises qu’on s’échine pourtant à attirer sur le territoire.

« Une étude réalisée il y a un peu plus d’un an a démontré qu’il y avait d’importants besoins industriels à Québec et que ça prendrait 3 millions de m2 sur les dix prochaines années pour y répondre adéquatement », souligne Loubna Séfrioui, directrice de la division du développement des espaces d’innovation et de l’essor commercial, à la Ville de Québec, réagissant à la Vision industrielle présentée en novembre par le maire Bruno Marchand dans le cadre d’une conférence organisée par l’Institut du développement urbain du Québec (IDU).

« C’est terminé de développer comme on l’a fait dans les années 70, insiste la directrice. À cette époque, les parcs industriels étaient austères, isolés, peu accessibles par d’autres moyens que la voiture, sans aucun service de proximité, etc. On veut maintenant créer des milieux de vie, des parcs industriels modernes, durables. Pour ce faire, la Ville entend cibler des secteurs présentant une facilité d’accès, à proximité des bassins de main-d’œuvre ; elle veut s’assurer la perméabilité du site avec les quartiers adjacents (liens routiers, transports actifs, transport en commun). Il faut aussi prévoir des services de proximité comme des milieux de garde, des centres d’entraînement, des cafés et autres commerces complémentaires pour les travailleurs. Il faut également mettre en place une desserte de transport en commun et de transport actif, efficace et accessible. »

Mme Sefrioui précise que le territoire de la Ville de Québec comprend 28 parcs et zones industriels qui totalisent 23 millions de m2. « La demande pour du développement industriel et d’innovation est en croissance constante depuis plusieurs années et ce n’est pas près de s’arrêter. La nouvelle vision de développement de la Ville est celle d’intégrer les principes du développement durable dans l’aménagement des nouveaux sites. On veut créer des environnements attractifs et confortables pour les travailleurs. On souhaite entre autres éviter les îlots de chaleur, favoriser les plantations et les aires vertes, conserver et intégrer les milieux naturels d’intérêt, etc. Il est primordial de maximiser les surfaces perméables et la gestion des eaux pluviales in situ (sur les terrains directement). La Ville prévoit des surfaces de plantation, elle veut aussi favoriser l’utilisation de matériaux durables pour les bâtiments. »

Les objectifs poursuivis

À court terme, la Ville entend desservir les terrains encore vacants, lesquels totalisent près d’un million de m2. « Au cours des deux prochaines années, on va revoir notre gestion de ces espaces, note Mme Séfrioui. On doit modifier la réglementation actuelle, la revoir pour qu’elle puisse répondre aux nouvelles réalités du marché et à ses besoins spécifiques. Nous devons desservir les terrains qui ne le sont pas encore et mettre en place une stratégie d’acquisition des parcelles vacantes pouvant être loties. Nous allons, entre autres, développer les terrains au nord du dépôt à neige Raymond ; quant au pôle Chaudière, il sera développé à des fins de haute technologie. »

À moyen terme, soit d’ici deux à cinq ans, d’autres acquisitions seront initiées. Le maire Marchand a d’ailleurs annoncé le développement de quatre nouveaux parcs. La phase 2 de l’Espace d’innovation Chauveau sera démarrée ainsi que la première phase de développement des terrains au sud de l’aéroport. « Nous voulons mettre en place une planification de développement des parcs industriels existants pour bonifier l’environnement des travailleurs (verdissement, transports actifs, gestion des eaux pluviales, nouveaux services aux travailleurs, etc.) », commente la directrice.

Dans un horizon de cinq à dix ans, Mme Séfrioui précise que le développement de la phase 3 de l’Espace d’innovation Chauveau et de la phase 2 au sud de l’aéroport seront lancées. « Nous allons poursuivre les démarches d’acquisition de parcelles sous-utilisées dans les PZI et débuter l’évaluation des besoins pour la période 2032-2042. »

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